Toute guerre est une entreprise non seulement militaire mais aussi économique. Cette réalité apparaîtra au plus tard dans le cadre des préparations en prévision d'une guerre, lors-qu'il s'agira d'assurer le soutien en denrées alimentaires et la mise à disposition des équipe-ments et moyens de transport. Il n’est d’autre domaine de la conduite de la guerre que la logistique qui ne permette des préparations aussi poussées en temps de paix déjà.
Cet état de fait renforce considérablement la volonté de défense ainsi que la force de résistance d'une nation.
Logistique - Historique et avenir
«La logistique influence toutes les batailles – elle est même souvent décisive»
(Général Dwight David Eisenhower)
(Général Dwight David Eisenhower)
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La logistique représente cette condition qui doit d'abord être satisfaite pour permettre toute opération tactique, pour user d’une force militaire au bon moment et même pour concrétiser les stratégies destinées à atteindre les objectifs fixés à l’échelle nationale en termes de sécurité. La logistique met à disposition les moyens tandis que la stratégie et la tactique dictent les plans pour le dé-ploiement et l'emploi de ces moyens aux fins d'opérations militaires.
La logistique est une partie intégrale de la conduite militaire, significative à tous les niveaux du combat armé, de celui du combattant individuel (subsistance, boissons, hygiène, armes et munitions) à celui des opérations (interactions entre la logistique et la tactique) en passant par le niveau politico-stratégique.
La logistique est une partie intégrale de la conduite militaire, significative à tous les niveaux du combat armé, de celui du combattant individuel (subsistance, boissons, hygiène, armes et munitions) à celui des opérations (interactions entre la logistique et la tactique) en passant par le niveau politico-stratégique.
ANTIQUITÉ
Les chefs de guerre de l'ère avant JC se préoccupaient déjà du soutien en denrées alimentaires de leurs troupes. Des canaux furent creusés et des conduites d'eau fabriquées en peaux animales furent posées à travers les déserts. Des troupeaux d'une taille soigneu-sement calculée accompagnaient les troupes en tant que réserves vivantes de viande. Les itinéraires étaient choisis de manière à retrouver des pâturages pour le bétail et des quartiers adéquats pour la troupe.
Des indicateurs nous permettent de conclure que la planification et la mise à disposition de personnel (enrôlement et recrutement de soldats), de matériel, d'infrastructures (machines de guerre, réseau routier, service de renseignements) et de services (soutien, service sani-taire etc.) étaient monnaie courante durant les campagnes d'Alexandre le Grand, qui disposait également de chaînes de ravitaillement rudimentaires.
Les Romains entretenaient des stocks de denrées alimentaires dans les villes occupées. Les légions jouissaient d'une autonomie de soutien importante grâce aux provisions pour plu-sieurs semaines (en particulier de blé) que les voies romaines bien aménagées permettaient de transporter avec les troupes dans les campagnes.
Des indicateurs nous permettent de conclure que la planification et la mise à disposition de personnel (enrôlement et recrutement de soldats), de matériel, d'infrastructures (machines de guerre, réseau routier, service de renseignements) et de services (soutien, service sani-taire etc.) étaient monnaie courante durant les campagnes d'Alexandre le Grand, qui disposait également de chaînes de ravitaillement rudimentaires.
Les Romains entretenaient des stocks de denrées alimentaires dans les villes occupées. Les légions jouissaient d'une autonomie de soutien importante grâce aux provisions pour plu-sieurs semaines (en particulier de blé) que les voies romaines bien aménagées permettaient de transporter avec les troupes dans les campagnes.
MOYEN ÂGE
A Byzance, successeur en droit de l'Empire romain, le fonctionnaire responsable des dépenses militaires (Logothet) devait veiller à ce que la population entretienne l'armée et lui mette à disposition des quartiers, ceci dans le cadre des redevances directes. Un train composé de serviteurs et d'esclaves accompagnait les troupes combattantes et se chargeait du montage des tentes, des travaux de fortification ainsi que du ravitaillement. De plus, l'armée disposait de troupes sanitaires bien organisées. Les garnisons importantes disposaient même de bains pour les soldats.
Les menaces de guerre continues firent de Byzance le seul endroit du Moyen Âge où l'on étudiait soigneusement les méthodes de la conduite de la guerre (stratégie et tactique), de l'or-ganisation de l'armée, de la technique des fortifications et des principes du ravitaillement.
Dans son ouvrage intitulé «Tactique», rédigé en grec, l'Empereur byzantin Léon VI (886-912) place la logistique au premier rang des arts («technai») de la guerre, au même titre que la stratégie (conduite de l'armée) et la tactique (dispositif de combat), les armements et les fortifications, l'astronomie, l'orthodoxie et le service sanitaire.
La «logistike techne» - art du calcul qui s’apparente à une véritable statistique de guerre - s'occupait entre autre de l'articulation et du soutien des troupes. Des normes réglaient la durée des campagnes, dictées en particulier par le soutien, et les phases de repos.
La logistique était responsable de solder l'armée et de l'équiper en armes, pièces et équipements de guerre. De plus, il s'agissait de préparer chaque phase des campagnes, donc d'estimer le temps et l'espace, d'apprécier le terrain en vue des positions de défense et des fortifications, mais aussi par rapport aux mouvements des troupes, et d'évaluer la force de résistance de l'ennemi.
Les mouvements et l'articulation des propres forces armées étaient ordonnés sur ces bases. Selon Léon, la logistique, basée sur la logique et les mathématiques, devait se charger de préparer l'armée en vue de la guerre et de remplir les tâches liées au domaine des mouvements et des quartiers pour ainsi appuyer la stratégie et la tactique. Cette interprétation de la logistique influença durablement les auteurs militaires subséquents.
Les menaces de guerre continues firent de Byzance le seul endroit du Moyen Âge où l'on étudiait soigneusement les méthodes de la conduite de la guerre (stratégie et tactique), de l'or-ganisation de l'armée, de la technique des fortifications et des principes du ravitaillement.
Dans son ouvrage intitulé «Tactique», rédigé en grec, l'Empereur byzantin Léon VI (886-912) place la logistique au premier rang des arts («technai») de la guerre, au même titre que la stratégie (conduite de l'armée) et la tactique (dispositif de combat), les armements et les fortifications, l'astronomie, l'orthodoxie et le service sanitaire.
La «logistike techne» - art du calcul qui s’apparente à une véritable statistique de guerre - s'occupait entre autre de l'articulation et du soutien des troupes. Des normes réglaient la durée des campagnes, dictées en particulier par le soutien, et les phases de repos.
La logistique était responsable de solder l'armée et de l'équiper en armes, pièces et équipements de guerre. De plus, il s'agissait de préparer chaque phase des campagnes, donc d'estimer le temps et l'espace, d'apprécier le terrain en vue des positions de défense et des fortifications, mais aussi par rapport aux mouvements des troupes, et d'évaluer la force de résistance de l'ennemi.
Les mouvements et l'articulation des propres forces armées étaient ordonnés sur ces bases. Selon Léon, la logistique, basée sur la logique et les mathématiques, devait se charger de préparer l'armée en vue de la guerre et de remplir les tâches liées au domaine des mouvements et des quartiers pour ainsi appuyer la stratégie et la tactique. Cette interprétation de la logistique influença durablement les auteurs militaires subséquents.
TEMPS MODERNES
Dès le XVIe siècle, les nouvelles impulsions dans le domaine de la logistique provenaient essentiellement de France. Un «service des subsistances» était responsable de bien ravitailler les soldats avant les combats.
Le ravitaillement prit une importance croissante, parallèlement à l’augmentation de la taille des troupes, de la longueur des marches et de la durée des campagnes. Des dépôts furent installés dans des lieux fortifiés, le long des itinéraires prévus. Les magasins qui accompagnaient les troupes amélioraient certes leur subsistance mais entravaient gravement leur mobilité, à tel point que de nombreuses batailles furent perdues pour cette raison.
Les «commissaires aux vivres» visitaient les marchés locaux, accompagnés par des fournisseurs civils («munitionnaires» - en général juifs), pour conclure des contrats avec des civils pour la livraison de denrées alimentaires et de fourrages avant et durant les campagnes.
Le transport du ravitaillement et du matériel était assuré par des entrepreneurs civils («capitaines de charrois») qui formaient l'arrière-garde de l'armée ou son train, ensemble avec d'autres éléments de la troupe. Les premières unités de transport de l'armée («équipages des vivres») furent créées en 1643. Elles étaient capables de transporter avec la troupe une autonomie de vivres et de fourrages de plusieurs jours.
Les «intendants aux armées» jouissaient aux XVIIe et XVIIIe siècles de pleins pouvoirs administratifs, juridiques et financiers importants, allant jusqu'au recrutement de quartiers, d'hôpi-taux, de denrées alimentaires et de fourrages, pouvoirs qui leur furent accordés dans le cadre de mesures de centralisation et de rationalisation de l'administration et du soutien.
Dès 1780, l'interprétation byzantine de la logistique se confondit en Europe complètement avec la notion de «stratégie». Le mérite de rendre à la logistique sa place de troisième volet relativement indépendant de l'art de la guerre, aux côtés de la stratégie et de la tactique, revient au Général suisse Antoine-Henri Jomini (1779-1869) suite aux impressions de sa mission de «maréchal général des logis de la cavalerie» français (responsable pour la discipline et le soutien des troupes). Son initiative ne trouva cependant pas l’écho mérité durant les décades subséquentes.
Aux USA, la notion de «logistique» dans sa connotation militaire est utilisée pour la première fois dans les années 80 du XIXe siècle. Elle désignait la mobilisation de l'économie publique dans son entier aux fins de soutenir les forces armées en guerre. Dans son ouvrage révolutionnaire intitulé «Pure Logistics. The Science of War Preparation», l'amiral George Cyrus Thorpe (1875-1936) considère la logistique («logistics») comme une science et un volet complet de la conduite de la guerre, qui regroupe un nombre important d'activités (tels que le ravitaillement, les transports, l’ingénierie, l'entretien, le service sanitaire, l'administration ainsi que d'autres activités logistiques) qui doivent être coordonnées avec les intentions stratégiques et tactiques.
Le ravitaillement prit une importance croissante, parallèlement à l’augmentation de la taille des troupes, de la longueur des marches et de la durée des campagnes. Des dépôts furent installés dans des lieux fortifiés, le long des itinéraires prévus. Les magasins qui accompagnaient les troupes amélioraient certes leur subsistance mais entravaient gravement leur mobilité, à tel point que de nombreuses batailles furent perdues pour cette raison.
Les «commissaires aux vivres» visitaient les marchés locaux, accompagnés par des fournisseurs civils («munitionnaires» - en général juifs), pour conclure des contrats avec des civils pour la livraison de denrées alimentaires et de fourrages avant et durant les campagnes.
Le transport du ravitaillement et du matériel était assuré par des entrepreneurs civils («capitaines de charrois») qui formaient l'arrière-garde de l'armée ou son train, ensemble avec d'autres éléments de la troupe. Les premières unités de transport de l'armée («équipages des vivres») furent créées en 1643. Elles étaient capables de transporter avec la troupe une autonomie de vivres et de fourrages de plusieurs jours.
Les «intendants aux armées» jouissaient aux XVIIe et XVIIIe siècles de pleins pouvoirs administratifs, juridiques et financiers importants, allant jusqu'au recrutement de quartiers, d'hôpi-taux, de denrées alimentaires et de fourrages, pouvoirs qui leur furent accordés dans le cadre de mesures de centralisation et de rationalisation de l'administration et du soutien.
Dès 1780, l'interprétation byzantine de la logistique se confondit en Europe complètement avec la notion de «stratégie». Le mérite de rendre à la logistique sa place de troisième volet relativement indépendant de l'art de la guerre, aux côtés de la stratégie et de la tactique, revient au Général suisse Antoine-Henri Jomini (1779-1869) suite aux impressions de sa mission de «maréchal général des logis de la cavalerie» français (responsable pour la discipline et le soutien des troupes). Son initiative ne trouva cependant pas l’écho mérité durant les décades subséquentes.
Aux USA, la notion de «logistique» dans sa connotation militaire est utilisée pour la première fois dans les années 80 du XIXe siècle. Elle désignait la mobilisation de l'économie publique dans son entier aux fins de soutenir les forces armées en guerre. Dans son ouvrage révolutionnaire intitulé «Pure Logistics. The Science of War Preparation», l'amiral George Cyrus Thorpe (1875-1936) considère la logistique («logistics») comme une science et un volet complet de la conduite de la guerre, qui regroupe un nombre important d'activités (tels que le ravitaillement, les transports, l’ingénierie, l'entretien, le service sanitaire, l'administration ainsi que d'autres activités logistiques) qui doivent être coordonnées avec les intentions stratégiques et tactiques.
XXe SIÈCLE
La logistique selon l'interprétation américaine fit son entrée en Europe lorsque les USA entrèrent dans la Seconde Guerre mondiale, accompagnés d'efforts économiques importants et de ravitaillements de biens de soutien considérables sur les champs de batailles du monde entier. L'OTAN consolida définitivement la place de la logistique dans les institutions militaires de l'Europe occidentale.
Les dimensions géographiques considérables des conflits militaires durant la Seconde Guerre mondiale furent à l'origine de problèmes de soutien qui nécessitèrent la mise au point de méthodes et de techniques pour permettre la mise à disposition orientée sur les besoins. La logistique retrouva ainsi sa place-clé d'appui de la stratégie et de la tactique.
La logistique militaire tout comme celle du monde civil doivent en premier lieu faire face à la nécessité de surmonter les entraves de l'espace et du temps; des différences considérables apparaissent toutefois entre la logistique militaire (buts politico-stratégiques) et la logistique civile (buts économiques).
La logistique (militaire et civile) est devenue de plus en plus parfaite et efficace, grâce au développement de méthodes scientifiques (en particulier dans le domaine de la recherche opérationnelle) et à l'essor du traitement électronique des données et des technologies de la communication qui ont suivi les succès militaires et économiques de la Seconde Guerre mondiale, grâce aussi aux expériences et au savoir acquis.
A ce jour pourtant, malgré la profonde et systématique théorisation entreprise aux USA surtout, nous ne disposons pas de théorie universelle de la logistique militaire (et économique).
Les dimensions géographiques considérables des conflits militaires durant la Seconde Guerre mondiale furent à l'origine de problèmes de soutien qui nécessitèrent la mise au point de méthodes et de techniques pour permettre la mise à disposition orientée sur les besoins. La logistique retrouva ainsi sa place-clé d'appui de la stratégie et de la tactique.
La logistique militaire tout comme celle du monde civil doivent en premier lieu faire face à la nécessité de surmonter les entraves de l'espace et du temps; des différences considérables apparaissent toutefois entre la logistique militaire (buts politico-stratégiques) et la logistique civile (buts économiques).
La logistique (militaire et civile) est devenue de plus en plus parfaite et efficace, grâce au développement de méthodes scientifiques (en particulier dans le domaine de la recherche opérationnelle) et à l'essor du traitement électronique des données et des technologies de la communication qui ont suivi les succès militaires et économiques de la Seconde Guerre mondiale, grâce aussi aux expériences et au savoir acquis.
A ce jour pourtant, malgré la profonde et systématique théorisation entreprise aux USA surtout, nous ne disposons pas de théorie universelle de la logistique militaire (et économique).
LA SUISSE DANS LES TEMPS MODERNES
Une armée fédérale fut créée lors de la fondation de l'Etat fédéral en 1848, constituée encore de contingents cantonaux et comprenant les armes classiques que furent l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie et le génie. Le service sanitaire fut rajouté dans les années soixante et les ambulances en 1901. Des troupes dites administratives suivirent dès 1875 suite aux déficiences du ravitaillement pendant la couverture de nos frontières en 1870/71; elles furent renommées troupes du ravitaillement en 1908.
Les troupes du ravitaillement furent regroupées avec les troupes de transport créées entretemps et d'autres parties de l'armée dans le secteur «échelon arrière» (par opposition au secteur «front») de l'état-major de l'armée durant la Seconde Guerre mondiale.
La fragilité de la paix globale, mise en évidence lors de la Guerre de Corée (1950-53), confirma la nécessité d'une défense nationale forte. Un développement matériel systé-matique de l'armée, englobant aussi les troupes du ravitaillement, pris son essor en 1951, grâce à l’annualisation des programmes d'armement. Les importantes nouveautés en matière de matériel, d’organisation et de réglementation concernaient avant tout les carburants et leur ravitaillement.
Les groupes et les compagnies du ravitaillement assuraient l'échange de matériel entre la troupe et la compagnie de matériel de la Grande Unité, en plus du ravitaillement et de l'évacuation de la subsistance.
Les troupes du ravitaillement reçurent des moyens techniques modernes (tels que moulins et boulangeries mobiles sur remorques, grues et supports à viande, brûleurs à essence, appareils de cuisine de campagne) dès les années 50 et virent ainsi leur mobilité et leur rendement au moins doubler.
Les troupes du ravitaillement furent renommées «troupes du soutien» dans le cadre de l'orga-nisation des troupes de 1961 (OT 61, 1.1.1962 - 31.12.1994). Les six brigades territoriales (une dans chacun des corps d'armée de campagne et trois pour le corps d'armée de montagne) constituèrent l'outil du soutien du corps d'armée pour toutes les troupes se trouvant dans son secteur. Un rééquipement des troupes techniques (entre autre les troupes du soutien) ainsi qu'une vaste expansion de la motorisation de l'armée et des services de réparation accom-pagnent cette réorganisation de l'armée. Finalement, le Groupement de l'état-major général, comprenant un Groupe de la logistique (1969; incluant une Division du service territorial), vit le jour lorsque des groupements ayant qualité d'unités administratives furent créés. La notion de «logistique» fit ainsi son entrée dans l'armée suisse.
Une conception logistique uniforme fit cependant défaut jusqu'au milieu des années 70. En 1976, l'armée disposait encore, au même titre qu’un corps expéditionnaire, d'un système de soutien à trois échelons (1er échelon: la troupe, 2e échelon: Grandes Unités/brigades, 3e échelon: base / armée) avec plusieurs chaînes de soutien indépendantes (voir les dispositions de l'OT 61).
La conception du soutien 77 (1.1.1977 - 31.12.94) visait une coordination optimale dans le cadre de la défense générale, une conception du stockage et de l’entretien moderne ainsi qu'une organisation du soutien rationnelle. Le nombre des états-majors et des unités fut réduit. Cette mesure s’accompagna d'un regroupement et d'une rationalisation du déroulement du soutien. La logistique développée sur la base du concept du soutien 77, disposant d'une infrastructure bien protégée, de stocks importants et d'une autonomie élevée, s'avéra suffisamment performante et constitua un critère de force dans le cadre de la dissuasion visée.
Lors de la réforme Armée 95, le seul domaine de la logistique à être réorganisé fut celui de l’alimentation, sans qu’il n’y ait de véritables bouleversements. Depuis 1977, la logistique est définie comme l’«ensemble des moyens et des mesures dans les domaines du soutien, des missions territoriales (service sani-taire, aide en cas de catastrophe, service territorial) et de la circulation et des transports».
La doctrine logistique de l'armée, élaborée actuellement, prend en considération les aspects militaires et économiques ainsi que les spécificités typiquement suisses. Elle représente la toile de fond pour une compréhension totale et intégrée de la logistique de l'armée dans toute sa complexité et pour son utilisation en guise de réponse aux diverses missions de ses clients.
Les troupes du ravitaillement furent regroupées avec les troupes de transport créées entretemps et d'autres parties de l'armée dans le secteur «échelon arrière» (par opposition au secteur «front») de l'état-major de l'armée durant la Seconde Guerre mondiale.
La fragilité de la paix globale, mise en évidence lors de la Guerre de Corée (1950-53), confirma la nécessité d'une défense nationale forte. Un développement matériel systé-matique de l'armée, englobant aussi les troupes du ravitaillement, pris son essor en 1951, grâce à l’annualisation des programmes d'armement. Les importantes nouveautés en matière de matériel, d’organisation et de réglementation concernaient avant tout les carburants et leur ravitaillement.
Les groupes et les compagnies du ravitaillement assuraient l'échange de matériel entre la troupe et la compagnie de matériel de la Grande Unité, en plus du ravitaillement et de l'évacuation de la subsistance.
Les troupes du ravitaillement reçurent des moyens techniques modernes (tels que moulins et boulangeries mobiles sur remorques, grues et supports à viande, brûleurs à essence, appareils de cuisine de campagne) dès les années 50 et virent ainsi leur mobilité et leur rendement au moins doubler.
Les troupes du ravitaillement furent renommées «troupes du soutien» dans le cadre de l'orga-nisation des troupes de 1961 (OT 61, 1.1.1962 - 31.12.1994). Les six brigades territoriales (une dans chacun des corps d'armée de campagne et trois pour le corps d'armée de montagne) constituèrent l'outil du soutien du corps d'armée pour toutes les troupes se trouvant dans son secteur. Un rééquipement des troupes techniques (entre autre les troupes du soutien) ainsi qu'une vaste expansion de la motorisation de l'armée et des services de réparation accom-pagnent cette réorganisation de l'armée. Finalement, le Groupement de l'état-major général, comprenant un Groupe de la logistique (1969; incluant une Division du service territorial), vit le jour lorsque des groupements ayant qualité d'unités administratives furent créés. La notion de «logistique» fit ainsi son entrée dans l'armée suisse.
Une conception logistique uniforme fit cependant défaut jusqu'au milieu des années 70. En 1976, l'armée disposait encore, au même titre qu’un corps expéditionnaire, d'un système de soutien à trois échelons (1er échelon: la troupe, 2e échelon: Grandes Unités/brigades, 3e échelon: base / armée) avec plusieurs chaînes de soutien indépendantes (voir les dispositions de l'OT 61).
La conception du soutien 77 (1.1.1977 - 31.12.94) visait une coordination optimale dans le cadre de la défense générale, une conception du stockage et de l’entretien moderne ainsi qu'une organisation du soutien rationnelle. Le nombre des états-majors et des unités fut réduit. Cette mesure s’accompagna d'un regroupement et d'une rationalisation du déroulement du soutien. La logistique développée sur la base du concept du soutien 77, disposant d'une infrastructure bien protégée, de stocks importants et d'une autonomie élevée, s'avéra suffisamment performante et constitua un critère de force dans le cadre de la dissuasion visée.
Lors de la réforme Armée 95, le seul domaine de la logistique à être réorganisé fut celui de l’alimentation, sans qu’il n’y ait de véritables bouleversements. Depuis 1977, la logistique est définie comme l’«ensemble des moyens et des mesures dans les domaines du soutien, des missions territoriales (service sani-taire, aide en cas de catastrophe, service territorial) et de la circulation et des transports».
La doctrine logistique de l'armée, élaborée actuellement, prend en considération les aspects militaires et économiques ainsi que les spécificités typiquement suisses. Elle représente la toile de fond pour une compréhension totale et intégrée de la logistique de l'armée dans toute sa complexité et pour son utilisation en guise de réponse aux diverses missions de ses clients.
LEÇONS ET AVENIR
- La logistique cherche à prévoir et à calculer les besoins en prestations et moyens dans le temps et l'espace depuis l'Antiquité et Byzance. La logisti-que doit préparer au mieux toutes les activités interdépendantes (telles que les transports, le stockage, le logement, la subsistance, le soutien médical, l’évacuation, etc.) qui permettent à la troupe de vivre et de combattre. En d'autres termes: les moyens néces-saires aux campagnes devaient être planifiés correctement, tant au niveau de la quantité que de la qualité, et mis à disposition à temps.
- Les procédés et modèles scientifiques ainsi que le traitement électronique des données et les technologies de la communication appuient la réflexion systématique et exacte au sens mathématique. Ces forces et moyens sont à l'origine du développement d'une logistique couvrant des domaines militaires et civils de plus en plus vastes. Les systèmes logistiques, la conduite et le contrôle des flux de matériel, de biens, d'informations, de prestations mais aussi de personnes et d'énergie deviennent ainsi de plus en plus performants, permettant dès lors de résoudre les problèmes rapidement et de manière optimale.
- Plus que jamais, il s'agira aujourd'hui et demain de transposer l'interprétation civile moderne de la logistique dans le monde militaire. Il s'agit en particulier d'intégrer la logistique dans le déroulement des opérations spécifique à chaque mission. Ceci aboutira à des conceptions logistiques totales sur la base de chaînes logistiques polyvalentes de client à client, les fournisseurs principaux et les prestataires de services étant étroitement associés.
- La voie choisie pour le développement de la logistique de l'armée suisse la conduit vers un rôle nouveau. La logistique de l'armée est un système dynamique conçu selon certains principes, composé de processus et de prestations. Ce sous-système militaire a pour but de mettre à disposition des bénéficiaires des moyens conformes à leurs besoins, en temps et en lieu voulus, pour leur permettre d'atteindre et de maintenir le meilleur état de préparation possible pour remplir leur mission. A cet égard, la priorité va aux processus suivants : planification et développement, production et acquisition, stockage, entretien et mise à disposition, mouvement et distribution, évacuation et élimination de matériaux, de biens, d'installations et de moyens.
Dernière modification: 05.05.2008


