Créés en 1959 par la société Kambly à Trubschachen, les biscuits militaires font un encas apprécié et polyvalent à l’armée et sont un produit de tradition prisé par l’ensemble de la population suisse. Dès avril 2012, l’emploi des biscuits militaires se diversifiera et prendra deux nouvelles formes, c’est-à-dire une édition spéciale distribuée lors des manifestations de l’armée et un coffret-cadeau, remis aux militaires libérés de leurs obligations, qui contient en plus une barre du tout aussi célèbre chocolat militaire et les remerciements du chef de l’Armée. Ce coffret est confectionné par l’atelier pour personnes malvoyantes et handicapées à Berne.
Biscuits militaires : nouvelle présentation pour un produit de tradition
12.03.2012 | Communication BLA

- Coffret-cadeau pour militaires libérés de leurs obligations : à partir d’avril, les militaires reçoivent un petit cadeau, en guise de poignée de main du chef de l’Armée, au moment de quitter le service.
Les visiteurs perçoivent une agréable odeur flottant au-dessus de la ligne de production de la société Kambly à Trubschachen, dans l’Emmental. De la pâte est pétrie et cuite en grande quantité. Le fabricant actuel des biscuits militaires a remporté l’adjudication suite à l’appel d’offres OMC lancé pour cinq lots annuels de 600’000 portions. La recette et les processus de cuisson sont secrets.
La production des biscuits militaires ressemble à celle des autres articles renommés de la biscuiterie riche de tradition de l’Emmental. « Le Bretzeli est notre produit vedette et l’article de marque le plus prisé de la biscuiterie suisse », déclare, non sans une certaine fierté, Rudolf Winzenried, secrétaire général de la société Kambly.
Les 600’000 portions de biscuits militaires sont fabriquées en deux lots parce que les lignes de cuisson et d’emballage doivent être réglées à nouveau pour chaque produit.
« Cette commande permet d’occuper nos équipes pendant 17 roulements », se réjouit le secrétaire général de la grande entreprise de boulangerie qui compte 340 collaborateurs.
Bien que l’installation d’emballage ressemble à une gigantesque machine à coudre d’antan, sa technologie est hautement complexe : elle utilise un papier parchemin ondulé, développé et fabriqué à l’interne, qui protège les biscuits et elle dispose ces derniers avec une grande précision sur deux piles qui sont conditionnées en portion de 100 g.
Tout commence véritablement ici. Le réglage de la machine requiert un jour tout comme le passage à un autre type de biscuit. Si tout n’est pas préparé soigneusement, il y aura vite des dégâts considérables. Sur le tapis de transport, les biscuits sont encore chauds.


- Production à la chaîne: sur une centaine de mètres, la pâte est transformée en biscuits militaires fort appréciés. Chaque année, 600’000 paquets sont fabriqués pour le stock de vivres de l’armée.


- Changement de position : au bout de ligne de production, les biscuits passent de l’horizontale à la verticale pour aborder la prochaine étape de leur conditionnement dans une position optimale.
Des biscuits fabriqués à la chaîne
Reto Walther, gestionnaire de systèmes Subsistance de la Base logistique de l’armée, est notamment chargé de définir les normes de qualité pour les articles du stock de vivres de l’armée qui comprennent aussi les biscuits militaires. L’ancien chef d’équipe du Swiss Armed Forces Culinary Team de réputation internationale fait preuve de la même minutie dans son nouveau domaine d’activité. « Les exigences sont sévères : pouvoir être conservés durant trois ans, avoir une valeur nutritionnelle optimale et entrer dans la composition de repas sucrés et salés, sont quelques exemples des qualités particulières que nous attendons d’un biscuit militaire », précise-t-il.
Des lots de 200 kg de pâte sont préparés dans les bacs en acier de pétrins de grande taille. La pâte se compose de farine de blé, de fécule de pommes de terre, de graisses végétales non durcies, de glucose, de sucre, de lait écrémé en poudre, d’extrait de malt d’orge, de poudre à lever et de sel. A sa sortie du pétrin, la pâte est prête pour la production à la chaîne. La pâte est abaissée, découpée et cuite, puis les biscuits sont empilés et emballés. Sur quelque cent mètres, la pâte est transformée en portions de 100 g de biscuits militaires qui, au bout de la chaîne de production, sont conditionnées en cartons de 48 emballages.
Biscuits « Special Edition » destinés à la population
Les personnes d’un certain âge gardent un bon souvenir de soldats distribuant généreusement ces biscuits prisés dans les cours d’école. Entre-temps, les directives sont devenues plus strictes. Les soldats donnent toujours des biscuits, mais ils doivent aujourd’hui se priver eux-mêmes. Ils font cadeau de leurs rations et renoncent ainsi à manger. Le problème réside dans le fait que l’encas a précisément été défini pour assurer les calories nécessaires à l’accomplissement du service prévu. Un million de paquets de biscuits militaires « Special Edition » sera fabriqué pour trancher ce dilemme. Ces paquets seront utilisés lors de manifestations militaires, d’expositions, de journées des parents et d’autres événements intéressant le public civil. Les enfants profiteront en premier des biscuits militaires offerts. Les fourriers et quartiers-maîtres peuvent acquérir des biscuits en se servant du formulaire de commande habituel pour les articles du stock de vivres de l’armée. Les cadres de l’administration militaire peuvent aussi passer commande et utiliser les biscuits à des fins dûment déclarées.
Remerciements pour services rendus dans l’armée
Bien que le service militaire soit obligatoire, il n’y a aucune raison de ne pas remercier les personnes concernées. Cette réflexion est à l’origine du petit cadeau qui sera remis à partir du mois d’avril 2012 aux militaires qui sont libérés de leurs obligations. Un coffret-cadeau, dédicacé par le chef de l’Armée et contenant un paquet de biscuits et une barre de chocolat, sera offert à chaque militaire qui quitte le service. Le gestionnaire de systèmes Subsistance estime que ce cadeau représente une poignée de main symbolique qui rappellera le service militaire accompli.
25’000 coffrets-cadeaux seront produits chaque année et distribués aux représentants d’une classe d’âge libérée des obligations militaires. Des collaborateurs de l’atelier pour personnes malvoyantes et handicapées à Berne fabriquent ces coffrets. « Cela nous détourne des travaux monotones générés par les productions de masse », dit le responsable des équipements et de la logistique, Thomas Beerli qui se réjouit de recevoir de telles commandes. 85 collaborateurs, qui souffrent de handicaps mentaux, psychiques ou physiques, travaillent par groupes de 10 à 12 personnes pour réaliser les divers mandats. Chaque groupe est encadré par un responsable. La pyramide des âges des collaborateurs ressemble à celle d’une entreprise habituelle et va de 18 à 65 ans. Après une brève phase d’instruction, les travailleurs à temps partiel se mettent à l’œuvre de manière autonome. Les responsables accompagnent les personnes handicapées et procèdent à leur appréciation pour le compte de la Direction de la santé publique et de la prévoyance sociale du canton de Berne. « Nos collaborateurs peuvent souvent choisir eux-mêmes ce qu’ils aimeraient produire, mais les commandes nécessitant du travail monotone représentent notre socle et sont aussi des sources de revenus », précise Thomas Beerli.
Les déroulements utilisés dans cet atelier ressemblent à ceux d’une entreprise logistique. « Ici, la cadence de travail est parfois un peu moins rapide », explique Thomas Beerli en souriant. « Comme les machines ne peuvent pas tout fabriquer, nous accomplissons des tâches manuelles au profit de l’industrie », résume en faisant valoir ses atouts le responsable des équipements et de la logistique de l’atelier pour personnes malvoyantes et handicapées. Les coffrets-cadeaux sont emballés dans des cartons contenant cent pièces et placés sur des palettes. Les responsables estiment qu’il faudra une semaine environ afin de produire la quantité nécessaire cette année. A la fin de la phase de production, les palettes sont chargées sur des camions militaires et acheminées vers l’entrepôt de Brenzikofen dans le canton de Berne.










